Pour la création d’une délégation nationale de la « Sécurité des Enfants »

Notre objectif
Mettre le sujet et la planification de la création d’une DSE (Délégation interministérielle de la Sécurité de l’Enfance) à l’image de la DSR (Délégation Sécurité Routière) au menu de la prochaine campagne présidentielle 2027.
Il n’y a désormais plus aucun doute : la pédocriminalité est un fléau qui touche tous les recoins de notre société. Depuis plusieurs années, la parole se libère et l’on prend conscience qu’aucun milieu n’est épargné, et que l’ampleur du phénomène est massive. On évoque des centaines de milliers de cas chaque année, des millions d’adultes ayant été agressés durant leur enfance.
Face à ce constat accablant, les commissions se succèdent, tout comme les ministres et les hauts-commissariats. Pourtant, la lutte reste inégale, et la société n’a pas encore trouvé les moyens d’endiguer, ou à tout le moins de freiner, ce fléau.
Fondé en 2023 en réponse aux mouvements #MeTooInceste et #IWAS, le collectif #WECARE (« Nous nous soucions ») rassemble initialement des scientifiques souhaitant mettre leurs compétences au service de la protection des enfants maltraités. Après deux ans de recherches et d’études approfondies, le collectif porte aujourd’hui une conviction forte: la lutte contre la pédocriminalité et les violences faites aux enfants ne pourra être véritablement efficace qu’avec la création d’une Délégation à la Sécurité de l’Enfance (DSE), sur le modèle de ce qui a été fait dans les années 1980 avec la Délégation interministérielle à la Sécurité routière (DSR). Une DSE avec un budget et des missions bien spécifiques (statistiques, prévention, coordination, recherche, etc.)
Le collectif lance donc une vaste campagne de communication pour faire connaître ce projet et l’inscrire dans le débat en vue des élections présidentielles de 2027.
Nous avons besoin de votre aide !
Le collectif #WeCare
Qui sommes-nous ?
#WECARE est né d’une rencontre inattendue mais évidente : celle de victimes de violences sexuelles et d’ingénieurs experts en défense et sécurité. Très vite, des similitudes frappantes sont apparues entre ces deux mondes. Après deux ans de recherche le collectif propose donc la création d’une Délégation à la Sécurité de l’Enfance avec des missions et des outils détaillés ci-dessous.
Nos principes fondateurs
🔹 Pas de personnalisation
La lutte contre la pédocriminalité souffre d’une personnalisation excessive. Nous refusons cette logique : il n’y a ni homme ni femme providentielle. Ce sont des idées et des méthodes qui feront la différence. C’est pourquoi aucun nom de famille n’apparaît parmi les membres du collectif.
🔹 Pas de politique
La protection des enfants n’a pas de couleur politique. Nous ne soutenons aucun parti, mais nous soutiendrons tout responsable politique qui s’engagera sincèrement à mettre en œuvre les moyens nécessaires, sans chercher à instrumentaliser le sujet.
🔹 Pas d’ambition personnelle
Si une DSE voyait le jour, nous ne postulerions à aucun poste. Nous serions heureux d’accompagner, de transmettre nos travaux, et de participer au développement des premières solutions. Mais nous ne cherchons ni place, ni projecteurs.
🔹 Pas d’exclusivité
Notre objectif est de convaincre le plus grand nombre. Nous ne donnons aucune exclusivité, même si notre attention se portera naturellement vers celles et ceux qui s’impliqueront sincèrement.
Les membres du collectif
Gilles L. (Ingénieur Cybersécurité, Ile de France), Roland D. (Psychiatre Saint-Anne, Paris), Joelle L. (Pharmacienne, Paris), Julia D. (Monteuse, Hauts de Seine), Abdou M. (CTO Cyber, Val d’Oise), Murielle T. (Consultante Cybersécurité, Paris), …
« Nous partîmes cinq cents ; mais par un prompt renfort, Nous nous vîmes trois mille en arrivant au port … «
Notre plan
Phase 1: Regrouper le maximum de signatures sur le site change.org, et d’adhésion au collectif.
Phase 2: Contacter la presse, les députés et les politiques les plus engagés dans ce combat. Rechercher également des soutiens « publics » (politiques, administrations, associations, organismes, etc.)
Phase 3: Contacter TOUS les députés pour les informer de notre initiative, afin qu’ils fassent remonter l’information aux cadres de leurs partis en vue des présidentielles.
Phase 4: Une fois qu’ils se seront tous déclarés, contacter officiellement tous les prétendants à la présidentielle via leur site de campagne pour leur demander de s’engager.
Phase 5: Vous tenir au courant des réponses que nous aurons obtenues (ou pas) afin que chacun puisse se faire son opinion …
Phase 6: Le soir du deuxième tour notre mission, réussie ou échouée, sera terminée et le site fermera …
LES CHIFFRES
160 000 mineurs / an
subissent des violences sexuelles en France
14,5 % des femmes et 6,4 % des hommes
ont été sexuellement agressés pendant leur minorité
5,5 Millions d’adultes
ont subis des agressions sexuelles pendant leur minorité
10 Milliards € /an
le cout « financier » indirect de ces violences.
Les missions de DSE
La Délégation de la Sécurité de l’Enfance aura des missions très similaires à celles de la Délégation à la Sécurité routière. Véritable « cerveau » de la lutte contre les violences faites aux enfants, elle coordonnera l’ensemble des acteurs et des politiques publiques.
Ci-dessous un aperçu de ces missions, calquées sur celles de la DSR.
1. L’ÉLABORATION ET LE PILOTAGE DE LA POLITIQUE PUBLIQUE
Définir la stratégie nationale
Établir les orientations nationales à travers des Comités interministériels de la sécurité de l’enfance et fixer des objectifs chiffrés de réduction des agressions.
Coordonner l’action des acteurs
Assurer la coordination entre tous les intervenants : Police, Gendarmerie, Justice, Éducation nationale, Collectivités territoriales, associations et professionnels de santé.
2. L’OBSERVATION, LES ÉTUDES ET LES STATISTIQUES
Collecter et analyser les données
Mission fondamentale dans un domaine où le secret et la confidentialité rendent les chiffres difficiles à obtenir et probablement très en dessous de la réalité. Il s’agit de :
- Centraliser et publier les données existantes
- Encourager les victimes à se confier, y compris anonymement
- Structurer le recueil des témoignages pour permettre des analyses fines et une conservation dans le temps
- Faciliter le travail des chercheurs
- Mesurer l’impact des actions mises en place
Produire de la connaissance
Commander des études comportementales, sociologiques ou techniques pour affiner la politique de protection.
Le site de l’ONISR (Observatoire National Interministériel de la Sécurité Routière) donne un aperçu de ce qu’est une politique d’observation et d’analyse performante.
3. LA RECHERCHE ET L’INNOVATION
Soutenir la recherche
Financer et encourager la recherche dans tous les domaines liés à la pédocriminalité :
- Recherche sociologique : études comportementales des pédocriminels, impacts à court, moyen et long terme sur les enfants, efficacité des méthodes de reconstruction
- Recherche technique : plateformes de recueil des données en ligne, structuration et partage sécurisé des informations
À titre de comparaison : on recense environ 60 projets de recherche liés à la sécurité routière entre 2023 et 2025 (environ 20 par an) contre UN SEUL projet lié à la pédocriminalité en 2025.
L’appel à projets 2025 pour la DSR n’a aucun équivalent pour la protection de l’enfance.
Anticiper les nouveaux risques
Travailler sur les problématiques émergentes :
- Pédocriminalité en ligne
- Prostitution des adolescents
- Internationalisation des réseaux criminels
Nota : Le collectif a déjà travaillé sur les premiers sujets de recherche à lancer pour poser les bases d’un meilleur recueil, traitement et partage des données.
4. LA COMMUNICATION, LA SENSIBILISATION ET L’ÉDUCATION
Campagnes nationales de communication
Les plus visibles. Elles visent à changer les comportements en alertant sur les risques et en sortant ce fléau de la confidentialité.
Éducation dès le plus jeune âge
En collaboration avec l’Éducation nationale, intégrer la prévention dans les programmes scolaires.
Sensibilisation tout au long de la vie
Actions ciblées vers le grand public, les parents, les professeurs, les soignants, les éducateurs sportifs, etc.
Le contraste est saisissant : plusieurs campagnes marquantes pour la sécurité routière chaque année (« Tu t’es vu quand t’as bu », « Sam, c’est lui qui conduit », « Si on y tient, on le retient ») contre une seule campagne contre la pédocriminalité, répétée deux années de suite, en vingt ans !
Ce contraste révèle une réalité institutionnelle : la sécurité routière est traitée comme un enjeu de communication de masse permanent ; la prévention de la pédocriminalité est traitée comme un enjeu de santé publique confidentiel, sans visibilité comparable.
5. LA RÉGLEMENTATION ET LE CONTRÔLE
Définir la loi
Proposer et préparer les textes de loi en collaboration avec tous les acteurs du domaine (justice, police, associations, professionnels de l’enfance).
Soutenir l’action des forces de l’ordre
Fournir des outils, des protocoles et des orientations pour améliorer l’efficacité de la police et de la justice dans le traitement de ces crimes.
6. LE SOUTIEN AUX ACTIONS DE TERRAIN
Financer des projets locaux
Soutenir les initiatives de terrain : recueil de témoignages, programmes d’éducation, formation des professionnels, structures d’accueil et d’écoute.
Animer un réseau territorial
Mettre en place et coordonner un réseau de Correspondants Départementaux de la Sécurité de l’Enfance (CDSE) pour assurer une présence sur tout le territoire.
7. LES RELATIONS INTERNATIONALES
Partager les bonnes pratiques
Échanger et s’inspirer des solutions mises en place dans d’autres pays. Tous les États sont confrontés au même fléau et certains ont développé des approches dont nous devons nous inspirer d’urgence.
Suivre les évolutions internationales
Participer aux travaux des instances internationales (ONU, OCDE, Commission européenne) et assurer une veille sur les évolutions législatives et techniques.
Standardiser les échanges
Développer des outils et des formats communs pour faciliter le partage d’informations entre pays, indispensable face à l’internationalisation des réseaux pédocriminels.
En résumé
La Délégation de la Sécurité de l’Enfance aura une mission centrale de coordination et d’impulsion de la lutte contre les violences faites aux enfants. Elle agira en lien avec toutes les forces et tous les savoir-faire déjà en présence, pour passer d’une approche fragmentée à une véritable politique publique structurée et pérenne.
Le coût d’une DSE
D’après les chiffres disponibles sur Internet l’ordre de grandeur du coût central de la DSR est de plusieurs dizaines de millions d’euros. Pour la création d’une DSE, l’ordre de grandeur dans un premier temps serait plutôt de la dizaine de millions d’euros.
Ce qu’il faut souligner c’est que plusieurs études convergent pour estimer le coût d’une agression sur un enfant à environ 500 000 euros sur toute sa vie. Cela inclut le coût des soins et de la perte de productivité. Ne sont pas inclus la souffrance, le possible suicide ou encore le coût de la répétition traumatique à l’âge adulte. A partir de ce chiffre le calcul est simple: 2 enfants sauvés d’une agression économise à long terme 1 Millions d’euros à la société. Pour un investissement de 10 Millions (par an) il suffit de sauver 20 enfants (par an) pour que cela soit « rentable », 20 enfants sur environ plus de 100 000 !
Pour plus d’information sur les aspects budget n’hésitez pas à nous contacter.
Les outils
Des moyens modernes inspirés de la lutte contre la cybercriminalité
Un aspect essentiel de notre proposition est de doter la lutte contre la pédocriminalité de moyens modernes, en s’inspirant notamment des méthodes éprouvées dans le domaine de la cybersécurité et de la lutte contre la cybercriminalité. Depuis plus de trente ans, des moyens colossaux sont investis dans ce secteur ; s’en inspirer pourrait nous faire gagner un temps précieux.
Parmi les premières pistes d’investigation, nous proposons :
1. Un format normalisé et universel de description des agressions
Définir un format standardisé permettant de décrire une agression de manière structurée : date, heure, lieu, type de violence, circonstances, etc.
Ce besoin a déjà été identifié par plusieurs commissions et rapports parlementaires. Il est indispensable pour :
- Comparer les données entre elles
- Corréler des informations provenant de sources différentes
- Conserver l’information dans le temps de manière exploitable
- Faciliter le travail des enquêteurs et des chercheurs
Sans ce format commun, chaque acteur stocke l’information à sa manière, rendant impossible toute vision d’ensemble du phénomène.
2. Une plateforme nationale de recueil des témoignages et signalements
Créer une plateforme nationale partagée, accessible à toutes les victimes et à tous les acteurs institutionnels (police, justice, associations, services sociaux).
Nous avons pleinement conscience que la mise en place d’une telle plateforme soulève des défis majeurs :
- Accès sécurisé pour les victimes, y compris les plus jeunes ou les plus vulnérables
- Confidentialité absolue des données
- Protection de la vie privée et respect du cadre légal (RGPD, secret de l’enquête)
- Hébergement des données sensible
Mais une telle plateforme est indispensable pour sortir de l’éparpillement actuel des signalements et permettre une réponse coordonnée.
3. Un CSOC (Child Security Operation Center)
Autour de cette plateforme, et en s’inspirant directement des SOC (Security Operation Centers) utilisés en cybersécurité, nous proposons d’étudier la mise en place d’un CSOC – Child Security Operation Center.
Il s’agirait d’une structure intégrant :
- Une plateforme technique centralisée
- Une équipe pluridisciplinaire d’experts
- Des processus clairement définis
Sa mission : coordonner tous les aspects de la lutte contre la pédocriminalité :
- Prévention : identification des signaux faibles et des situations à risque
- Détection : analyse croisée des signalements pour repérer les schémas récurrents
- Prise en charge : orientation rapide des victimes vers les services adaptés
- Action judiciaire : transmission structurée aux forces de l’ordre pour faciliter les enquêtes et les arrestations
L’objectif n’est pas de remplacer les acteurs existants (police, justice, associations) mais de faciliter leur collaboration dans l’intérêt des victimes, en leur fournissant des outils communs et une vision partagée.
4. Analyse et classification de toutes les recommandations existantes
Un travail colossal de propositions a été réalisé ces dernières années en France et à l’étranger : rapports parlementaires, études universitaires, recommandations associatives, expertises internationales.
Mais ces propositions n’ont jamais été consolidées, comparées, chiffrées ou priorisées.
Nous proposons donc de lancer un chantier d’analyse systématique de toutes ces recommandations, avec une classification selon plusieurs critères à définir :
- Coût estimé de mise en œuvre
- Faisabilité technique et juridique
- Impact potentiel sur la protection des enfants
- Urgence et priorité
- Délais de déploiement
Cette première analyse permettrait à la future Délégation de la Sécurité de l’Enfance de construire une stratégie cohérente, chiffrée et réaliste, en s’appuyant sur l’intelligence collective déjà mobilisée sur le sujet.
5. Inspiration des outils et méthodes de la cybersécurité
Enfin, un chantier spécifique doit être lancé pour identifier systématiquement les outils et méthodes de la lutte contre la cybercriminalité dont on pourrait s’inspirer pour lutter contre la pédocriminalité.
Cela inclut notamment :
- Les techniques d’analyse de données massives (big data) pour détecter des schémas criminels
- Les outils de partage sécurisé d’information entre institutions
- Les méthodes de traçabilité et de collecte de preuves numériques
- Les protocoles de coopération internationale déjà éprouvés
Sont également inclus dans cette réflexion tous les nouveaux outils connectés qui pourraient être mis à contribution pour protéger les enfants :
- Montres connectées avec géolocalisation et bouton d’alerte
- Téléphones sécurisés pour les jeunes
- Applications de signalement discret
- Outils de contrôle parental intelligents
Depuis plus de 30 ans, des moyens colossaux sont investis dans la cybersécurité publique et privée. S’inspirer de ces avancées pourrait nous faire gagner un temps précieux dans la construction d’une protection efficace des enfants.
En résumé
La lutte contre la pédocriminalité doit entrer de plain-pied dans l’ère du numérique et de la donnée. En s’inspirant des méthodes qui ont fait leurs preuves dans la cybersécurité, nous pouvons doter les acteurs de terrain et les institutions d’outils à la hauteur du défi, tout en restant vigilants sur la protection des données et des libertés individuelles.
(Pour plus d’information sur les aspects techniques n’hésitez pas à nous contacter.)
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